Après ma dernière note, certains peuvent se dire « mais pourquoi se marie-t-elle donc si ça la gonfle tellement ? ».
Il est vrai que c’est un peu décevant lorsqu’on se rend compte que, même cette journée sensée être la notre, est pleine d’obligations les plus contrariantes les unes que les autres qui font que finalement ce n’est pas tellement TA journée que ça.
D’abord j’ai eu La Bague. Et là c’était les rêves pleins la tête, c’est les idées de robes, les images d’église fleurie, les idées de textes, de faire-part, les regards plein d’amour…
Ensuite on a pensé à la formule la plus adaptée à notre rêve : église le matin, puis apéro, repas à midi en petit comité et enfin soirée. On s’imaginait entouré des gens que nous aimons, riant, buvant une coupe dans le soleil du mois de juillet. Le mariage de Cendrillon quoi !
Ensuite, on a commencé notre liste d’invités.
Bon elle j’ai pas du tout envie qu’elle soit là, mais on n’a pas le choix : si j’invite truc, je dois l’inviter aussi sinon c’est l’incident diplomatique ! Le mariage en toute intimité auquel on rêvait prend soudain des airs de repas d’affaire.
Ensuite on a reçu les listes d’invités de nos parents. Moi j’ai des parents divorcés donc ça fait deux listes distinctes. Ensuite il y a les parents de Thomas. Son père travaille dans la police, difficile pour lui d’inviter l’agent Y sans inviter l’inspecteur X. On comprend bien la logique, le problème est le même pour mon enseignante de mère, jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’on ne connait pas la moitié de nos invités. Adieu le mariage doux et intime. Pendant un moment, je me suis dit qu’en fait on se mariait pour les autres plutôt que pour nous. Finalement, on a pris notre courage à deux mains pour exposer le problème à nos parents. Naturellement, ils ont bien compris et ont réduit leur liste. Mais c’est vrai que c’est le premier détail qui nous a fait peur.
Bon qui on invite et quand ? Plutôt le soir ? Plutôt pour le vin d’honneur ? Ou ces personnes ont leur place pendant le repas plus intime de midi ? Tu tries, tu négocies, tu imagines les tables et quand tu regardes la listes, tu te rends compte que ton mariage se déroule principalement pendant le repas de midi mais qu’il n’y aura que des gens que tu vois tout le temps : tes parents, tes beaux-parents, ta famille proche… Oui mais le mariage, toi tu pensais que c’était justement la bonne occasion pour voir ces personnes qui comptent à tes yeux mais que tu n’as pas l’occasion de voir souvent… et en fait non… Ces personnes, tu les verras uniquement dans la masse de gens qui viennent danser le soir, tu n’auras pas l’occasion de leur parler vraiment. Et là tu râles. Tu te dis que c’est débile… Que tu vois pas l’intérêt… Puis tu te fais une raison… Après tout, tes proches, c’est pas proches pour rien.
Après on commence à penser à la messe. Pour moi c’est un passage important, plein de symbolique. Et là j’ai eu droit aux commentaires genre « Quoi ?!? une messe complète ? Oh mais vous ne préférez pas une simple petite bénédiction ? Parce qu’une messe c’est quand même long ». Mes convictions n’ont pas à être remises en question par des étrangers, si ? Si je VEUX une messe complète à MON mariage, c’est MON affaire, et si cette personne n’a pas envie de se taper une messe, elle peut aller le traiteur à préparer les petits fours. Non mais ! Donc encore une source d’énervement !
Toutes les jeunes filles chanceuses se réjouissent d’entrer dans l’église au bras de leur père… Mais moi je ne suis pas une jeune fille chanceuse !
Je me renseigne un peu et j’apprends que de plus en plus les jeunes mariés entrent ensemble dans l’église. Après tout, nous vivons déjà ensemble depuis un an, la symbolique du père qui offre sa fille ne nous concerne plus du tout.
D’un autre côté, je sais que la mère de Tom rêve d’amener son fils devant l’autel… Et j’ai l’impression de lui voler quelque chose… je lui chipe déjà son fils ! lol Alors comment entrer dans l’église au bras de mon frère sans déclencher le scandale dans la famille de mon père ?
Après viennent les questions d’argent.
Vécu lors qu’un apéro (étonnement, il n’y en a plus eu des masses après) :
- Ah ça y est, nous avons défini notre budget ! et on a commencé à faire nos économies !
- Mais voyons ce n’est pas aux enfants à payer leur mariage ! C’est les parents qui prennent en charge ces frais. Vous, vous choisissez des trucs et nous on vous dit si c’est trop cher ou pas et si vous devez revoir vos désirs. Vous estimez les coûts à combien ?
- Devine … (Autant dire que le coup du « je décide de ce que tu fais en fonction des prix… » ça m’a pas plus du tout !)
- 3000€ ?
- Euh… pas vraiment non…
Depuis cet échange, le sujet n’est plus revenu sur la table… naturellement, si je le pouvais j’assumerai mon mariage moi-même, je le ferais ! Heureusement qu’il n’y a pas que cette personne dans notre famille…
Après on a commencé à chercher une salle, pas trop loin de l’église et de la commune. Vu les disponibilités des belles salles, c’est cet élément qui définit souvent la date du mariage.
Au départ, nous aurions aimé nous marier en mai. Mais la salle sur laquelle on avait flashé n’avait de dates disponibles qu’en avril ou en juillet. C’est comme ça que nous avons choisi le 10 juillet 2010. Après ça il a fallu réserver la commune et l’église.
Pour la commune, on a téléphoné pour savoir si c’est possible de se marier le jour de la cérémonie, vers 10h. Ainsi, on pouvait mettre la messe à 11h et manger pas trop tard. Mais il y avait déjà un mariage réservé à 12h et le bourgmestre n’avait pas envie de passer sa matinée là-bas et donc il nous impose 11h. Il faut bien se rendre que ça décale tout le programme de la journée ! Donc on précise bien que s’il y a plus de personnes qui se marient le 10, on veut qu’on nous accorde un horaire plus tôt. Le gars au téléphone nous assure que c’est noté et qu’il en tiendra compte. Entre temps j’ai appris qu’il y avait plusieurs mariages prévu le 10 mais on ne nous pas accordé notre demande. Charmant…
Pour l’église, je souhaitais me marier dans la vieille petite église de mon village d’enfance, là où j’ai été baptisée. Nous avons contacté le prêtre à il n’y a aucun soucis pour lui ! Au moins une chose qui va comme je veux !
En fait, quand tu penses à ton mariage, tu voudrais que tout soit parfait. Mais rien n’est jamais parfait évidement.
On a réfléchi à la décoration de la salle. C’est de notoriété publique : je suis une vraie fille ! Je voyais donc bien une déco dans les tons de rose. Comme par hasard, les chaises sont rouges bordeaux ! C’est quand même dommage de devoir étudier la décoration de salle en fonction des chaises et non en fonction de nos préférences.
Après j’ai commencé à faire mon programme de la journée et là, le stresse, je ne saurais jamais tout faire moi-même ! Mais quel meilleur moyen que de tout faire soi-même pour arriver au mariage qui te ressemble le plus ?
Parents divorcés, c’est un autre risque de scandale… je dis pas que ma famille c’est la mafia, mais c’est quand même pas le grand amour. Donc il va falloir garder un œil par là pendant toute la journée. Mais comment être détendu si on doit jouer aux gendarmes ?
Malgré tout ça je ne me décourage pas ! Je compte bien faire de ce putain de jour un jour merveilleux et pour cela, je vais me focaliser sur les choses merveilleuses que je compte bien vivre.
La moche petite église toute décorée sera le lieu inoubliable de notre engagement.
On profitera de chaque mot de la messe, mots que nous auront sélectionnés jusqu’au dernier.
On échangera nos consentements que nous auront écris nous même avec le plus de justesse possible.
On partagera une coupe de champagne en discutant avec des gens venus spécialement pour nous témoigner de leur affection.
On mangera un bon repas avec nos proches.
On s’émerveillera de voir tous nos amis sur leur 31 rien que pour nous !
On rira de voir ma sœur en robe…
On ouvrira le bal les yeux dans les yeux, dans cet instant rien qu’à nous.
On lèvera les yeux au ciel devant les moues boudeuses.
On sera décontracté pour les photos bien sûr.
Le mariage c’est vrai que c’est un embarra d’invités, c’est nos familles, c’est nos amis, mais avant tout c’est NOUS DEUX. Et le plus important, c’est qu’on le partage tous les deux, main dans la main.
